Subject: Richard qui ?

Madame,

Monsieur,


Le sculpteur Richard Serra est mort mardi 26 mars à l'âge de 85 ans. Ni Anne Hidalgo, ni son adjointe à la Culture Carine Rolland n'ont réagi à cette disparition. Malheureux oubli car la Ville de Paris entretient sans le savoir une relation particulière avec cette figure majeure de l'art contemporain. Mais avant de vous raconter pourquoi, laissez-moi vous expliquer comment le sujet est venu sur la table.


Le 27 mars, j'ai interrogé l'adjointe à la Culture sur son silence à son égard. Je lui ai surtout demandé où était passée Clara Clara, œuvre monumentale de l'artiste appartenant à Paris mais disparue des radars depuis plus de 15 ans. Il semble qu'elle soit rangée quelque part dans les réserves municipales à Ivry-sur-Seine, sans garantie. Une fois de plus, nous mesurons l'inculture crasse de la Mairie de Paris et son désintérêt pour son patrimoine et ses œuvres.


J'ai proposé que la mairie sorte l'œuvre de son (grand) placard (s'il y était vraiment) et l'expose à nouveau dans un endroit emblématique, aux Tuileries bien sûr, ou par exemple sur l'esplanade de la Défense (avec l'accord des mairies concernées) afin de bénéficier de la perspective inversée de 1983 depuis l'autre bout. Le Parc de la Villette ou le parvis du Fort de Vincennes offrent également des espaces appropriés. J'ai ajouté que pendant la fermeture du Centre Pompidou pour travaux de 2025 à 2023, Clara Clara trouverait naturellement sa place sur l'esplanade Georges Pompidou, par exemple dans un cycle de sculptures tournantes pour animer ce quartier dépourvu de son musée.


En réaction à mes propositions, la mairie a répondu sans conviction à la journaliste du Monde qu'elle réfléchissait à 3 options, masquant difficilement son embarras d'être prise ainsi en défaut. En creux, la journaliste Roxane Azimi nous montre dans son article que la Mairie a découvert à cette occasion posséder cette sculpture gigantesque signée Richard Serra qu'elle connait à peine. Mieux vaut tard que jamais. Mais pour en faire quoi ?



Historique

Comment Clara Clara a-t-elle atterri à Paris ?


En 1983, ce double C se tournant chacun le dos a été installé dans le Jardin des Tuileries. Chaque courbe de Clara Clara, nom de la femme de l'artiste, mesure 36 mètres de long et pèse plus de 100 tonnes, Jacques Chirac a eu un véritable coup de cœur pour cette double paroi à la fois monumentale et fragile par son équilibre incurvé. Sa peau de rouille captait la lumière et lui offrait la patine de l'éternité comme si Clara Clara avait traversé les âges et toutes les tempêtes. Le promeneur déambulant au milieu découvrait dans sa perspective l'Obélisque, pierre également massive (220 tonnes !) et altière du haut de ses 23 mètres, dressée fièrement au milieu de son écrin place de la Concorde, et l'Arc de Triomphe. Richard Serra voulait que les promeneurs ressentent une expérience en traversant ces parois dans cette perspective à la fois historique (plus de 32 siècles depuis Ramses II !), esthétique et architecturale.


Sous l'impulsion de Jacques Chirac, la Mairie de Paris a donc acquis cette œuvre majeure en 1984. En 1985, Clara Clara a été installée sur une pelouse du Parc de Choisy, dans le XIIIe arrondissement dont le maire était Jacques Toubon. L'idée était généreuse, elle n'a pas emballé tous les habitants qui ne ressentaient pas une expérience aussi connectée dans ce nouveau contexte improvisé.



Avec le temps, les tagueurs et les sportifs du quartier ont couvert les parois de graffitis et d'entailles avant que Clara Clara ne soit rangée dans les réserves municipales en 1990. Dans les années 2000, Richard Serra a fini par appeler lui-même Bertrand Delanoë pour lui demander d'offrir un nouvel avenir à son œuvre. Le président-directeur du Louvre Henri de Loyrette a alors même accepté de remettre Clara Clara dans sa perspective d'origine dans les Tuileries. Mais sans nouvelles de Delanoë, Clara Clara est restée au placard.


Pour l'édition 2008 de Monumenta, Clara Clara est enfin sortie pour être restaurée et exposée aux côtés d'autres sculptures au Grand Palais (le vrai) pour l'exposition Promenade. Enorme succès, 142.000 visiteurs en 1 mois à palper leurs peaux grainées de rouille. Ces œuvres n'étaient pas "belles" en soi, leur monumentalité puissante et leur l'équilibre mystérieux des 5 stèles sous la verrière du Grand Palais participaient de cette expérience qu'aucun des visiteurs n'a oubliée 15 ans après.



En tout cas, la Mairie de Paris n'en a rien à faire. Elle ne s'intéresse manifestement pas à la Culture autrement que pour servir sa communication ou au service de son idéologie. En reconnaissant ne pas avoir idée de ce qu'était Clara Clara, en faisant mine de ne même pas connaître Richard Serra, Anne Hidalgo et son équipe nous font comprendre pourquoi Paris décline à toute vitesse dans la laideur et l'insipidité des aménagements, des refontes de places, de constructions.


Le laid restera la signature d'Anne Hidalgo pour de nombreuses années. A nous de rendre sa beauté à Paris dans le respect de son patrimoine mais aussi de sa vitalité artistique qui l'a souvent placée à l'avant-garde de la création (impressionnistes, école de Paris, surréalisme).


Campements autour de l'Eglise Saint-Gervais

Avec Christel, Antoine et Julien, nous avons demandé à la Préfecture de Police d'évacuer les campements autour de l'église Saint-Gervais et à la préfecture de Région Ile-de-France de trouver une solution durable. Les migrants installés dans le périmètre du futur mémorial des victimes des attentats du 13 novembre 2015 utilisent quotidiennement l'église comme toilettes publiques. Le sacristain doit nettoyer quotidiennement le sol de l'église couvert d'excréments sous l'orgue, sans aucune réaction des forces de l'ordre ni de la mairie. Ce n'est tout simplement pas acceptable.


De nombreux riverains sont inquiets de voir les campements se multiplier sur les berges du IVe arrondissement, sous les arcades de la rue de Rivoli, du Palais Royal, de la Cité Internationale des Arts et à de nombreux autres endroits. Les habitants de Paris centre n'ont pas à subir ce jeu municipal malsain consistant à tout faire pour accueillir ces migrants en grande détresse avant de rejeter la responsabilité de leur accueil sur l'Etat. Ces campements insalubres présentent des dangers pour les migrants eux-mêmes ainsi que pour les familles parisiennes.



Déplacements aux côtés de la Ministre de la Culture Rachida Dati

Art Paris au Grand Palais Ephémère autour du galeriste Daniel Templon, du propriétaire du salon Julien Lecêtre, de plusieurs élus du groupe Changer Paris avec à l'arrière une sculpture de Gérard Garouste qui sera bientôt exposée à Paris Centre

Salon Drawing Now au Carreau du Temple avec Marion Papillon, galeriste et présidente du Comité Professionnel des Galeries d'Art, Georges-Philippe Vallois, galeriste, Christine Phal et Carine Tissot, présidente et directrice du salon du dessin ccontemporain



Nous restons à votre disposition pour toute question, les élus de mon groupe à Paris Centre Julien Rouet, Christel Toriello et Antoine Sigwalt et moi-même.



Bien à vous,

Aurélien Véron

Conseiller de Paris


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