Subject: Transformation de la rue de Richelieu

Madame,

Monsieur,


La rue de Richelieu est très dégradée depuis longtemps. la chaussée est rythmée par les nids de poule et les affaissements ponctuels. La plupart des 10.000 voitures et camions quotidiens (15-20 par minute en heure de pointe) qui empruntent cet axe majeur Nord-Sud roulent à grande vitesse en frôlant les piétons. C'est anxiogène car les trottoirs exigus obligent parfois les piétons à en descendre, notamment le long des files d'attente d'établissements très courus.


La mairie s'était beaucoup focalisée sur les 3e et 4e arrondissements jusqu'ici, négligeant l'ouest de Paris Centre. Avec la fin des 10 années de travaux de la Grande Bibliothèque (2012-2022) pour 250m€ sous la houlette des architectes Bruno Gaudin, Virginie Brégal et des architectes en chef des Monuments Historiques Jean-François Lagneau et Michel Trubert, la mairie de Paris Centre s'est enfin penchée sur le sort des quartiers ouest.


La rue des Petits Champs a déjà été remise en état avec un trottoir en dalles de granit bleu-gris et l'installation de plusieurs bancs. La rue de Richelieu est la suivante sur la liste. Un projet de budget participatif lauréat en 2017 (budget estimé 155.000€) a donné lieu à une première étude municipale en 2021, une première marche exploratoire en 2023 à laquelle j'ai assisté. Et une réunion de présentation du projet final mercredi 27 mars au soir.


Budget global : 4 millions d'euros dont 180.000€ pour le seul tapis de la chaussée.


Objectifs de la mairie :

  • casser la circulation en inversant le tronçon de cet axe majeur Nord-Sud entre rue Réaumur et la rue Feydeau. Seuls les bus et les taxis pourraient traverser ce segment à double sens du nord vers le sud. L'objectif consiste clairement à diviser le trafic par 2 ou par 3 selon les scénarios. Il faut ajouter l'ouverture de la rue de Richelieu au contre-sens cyclable pour ralentir la circulation.


  • embellir le tronçon entre place André Malraux - rue Réaumur.

La mairie a progressivement dévoilé son projet au gré des rencontres, rejetant toutes les contestations ou suggestions de modification comme elle sait bien le faire :

  1. planter 34 arbres (moyens et petits) tout au long de cette rue.

  2. élargir et paver de granit les trottoirs en supprimant le couloir de bus qui sert aujourd'hui d'espace de livraison et de stationnement d'artisans sur chantier. La mairie n'a pas voulu embellir le tronçon entre rue Réaumur et les Grands Boulevards à cause du coût supplémentaire (485.000€).

  3. piétonniser la place Mireille (devant la Fontaine Molière) en fermant l'accès de la rue Richelieu à la rue Thérèse qui ne pourra qu'emprunter la rue Molière. Quitte à masquer la perspective donnant sur la magnifique fontaine Molière enfin restaurée après une décennie d'abandon.

  4. végétaliser une partie des rues Lulli et rue de Louvois bordant le square de Louvois. Des parents ont exprimé leurs craintes que les jeux de ballons soient rendus impossibles par ces 235m2 de bandes plantées. La mairie a répondu que le ballon, genré, exclut les filles. Les espaces de jeu pour les enfants doit donc selon elle évoluer vers une mixité d'activités.




Version finale

Seul le trottoir Ouest peut accueillir des arbres car le sous-sol côté Est est encombré par le réseau d'égouts, Les racines des arbres ne doivent pas s'en approcher à moins de 2 mètres. Le trottoir ouest actuel varie de 1m50 au sud à 3m au niveau du square de Louvois et 5m au nord de la rue Réaumur.


Le trottoir ouest sera donc élargi au maximum tout en laissant un couloir destiné aux espaces de livraison, aux stations de vélo et aux emplacements destinés à accueillir des arbres. La chaussée devra être large d'au moins 4m50 pour les bus, camions et autres véhicules.


Les ralentisseurs surélevés pavés (50.000€ à 65.000€ chacun) ont été refusés par l'Architecte des Bâtiments de France sous prétexte qu'ils nuiraient à la perspective menant au Louvre. L'argument est d'autant plus ridicule que la même ABF n'interviennent pas contre les devantures lumineuses aux couleurs criardes qui ne tiennent absolument pas compte de l'architecture vénérable des immeubles et du fait que le quartier est classé. Réflexe d'une bureaucratie repliée dans sa bulle ?



Le déport contraint de plusieurs milliers de véhicules chaque jour peut être perçu comme un atout pour le confort des habitants. Mais les cabinets médicaux, les espaces évènementiels, le fleuriste et quelques entreprises ont déclaré que leur activité serait mise en danger par le rétrécissement de la rue à une voie. Les personnes âgées ou à mobilité réduite ont également signalé que cela compliquerait leurs déplacements.


Par ailleurs, la thrombose de la circulation entraine une autre conséquence que le Marais connait bien. Nous risquons de voir cet axe déjà grignoté par les restaurants asiatiques et les vendeurs de bubble tea accélérer sa mutation vers la mono-activité exclusivement destinée aux touristes. La mairie appelle ce quartier "Little Tokyo" (pourtant parsemé de restaurants coréens et chinois) sans se rendre compte que cette transformation que la mairie encourage se réalise au détriment des habitants et des activités économiques actuellement diversifiées.


Si l'espace réservé aux vélos présente de nombreux avantages en termes de mobilité, les familles, les personnes à mobilité réduite, âgées ou fragiles ne peuvent qu'emprunter la voiture ou le bus pour se déplacer, d'autant que le métro n'est pas adapté à leur handicap. Les habitants motorisés de ces quartiers perdent parfois déjà plus d'une heure à quitter l'arrondissement ou à rentrer chez eux dans la souricière actuelle. Des artisans refusent de venir à cause des difficultés à circuler et stationner. La suppression de ce grand axe supplémentaire et le plan de circulation à venir pour le 1er visent implicitement à éradiquer la voiture de Paris par l'augmentation des bouchons infranchissables. Bref, cette obsession à tuer la circulation entraine des bouleversements profonds qui menacent la vitalité du centre historique, condamné à devenir une galerie marchande insipide destinée aux touristes.


Après deux mois de préparation fin 2024, les travaux devraient durer toute l'année 2025.


Nous devons donc continuer à nous battre pour exiger un bon équilibre entre le vélo et la fluidité des plans de circulation facilitant la vie sociale des habitants et l'activité de nos théâtres, de nos galeries, des centres médicaux et de toutes les entreprises originales qui font aujourd'hui le charme de nos arrondissements.


Nous ne voulons pas finir en zoo à touristes !




POLICE MUNICIPALE

Le directeur de la police municipale de Paris Centre depuis octobre, Stéphane Bongibault, a présenté l'activité de la police municipale à Paris Centre à plusieurs Conseils de Quartier. Née en 2020 sous la pression ancienne de la droite parisienne, la police municipale tarde à grandir. Prévue pour compter 5.000 policiers, la mairie n'en a recruté que 1.300 péniblement. Malgré le risque terroriste qui fait d'eux une cible, elle refuse qu'ils soient armés.


Notre secteur Paris Centre compte 100 policiers municipaux dédiés, sot 7.7% des effectifs totaux. Leur bureau boulevard Sébastopol ne reçoit pas de public. Vous devrez aller à leur rencontre sur le terrain si vous avez des messages à leur faire passer. Ils travaillent entre 7h00 et minuit et sont en permanence 15 à 20 dans la rue 365 jours par an pour couvrir nos 5.6km2. Entre minuit et 7h, une brigade volante couvre l'intégralité de Paris.


Compte tenu de la densité touristique attirant les voleurs à la tire, du nombre élevé de bars et de leurs 3.600 terrasses dont certaines aux nuisances nocturnes et d'étalement abusif, des clubs festifs engendrant des tensions (dealers de stupéfiants, agressions en sortie de boite...), du grand nombre de personnes sans-abri, de l'explosion du nombre de cyclistes sans foi ni loi et de la multiplication des incivilités, les rues de Paris Centre sont sales et peu sûres.


Surtout, n'oubliez pas ce numéro pour les appeler : 3975




 

Nous restons à votre disposition pour toute question, les élus de mon groupe à Paris Centre Julien Rouet, Christel Toriello et Antoine Sigwalt et moi-même.



Bien à vous,

Aurélien Véron

Conseiller de Paris et Métropolitain




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