QUEL AVENIR POUR LES CONSEILS DE QUARTIER ? Au-delà de l'objectif municipal de lutte contre la mobilité dans nos quartiers, ces anicroches dans le Marais révèlent la faiblesse (voulue ?) de la méthode de (non-) concertation de la mairie de Paris Centre. Elle laisse les Conseils de Quartier s'épuiser à monter des projets seuls, sans aide réelle, à émettre des propositions le plus souvent rejetées, à bloquer les remontées d'informations. Ses rares consultations sont le moins visible possible et peu transparentes. A part les réseaux sociaux, pas d'espace dédié au débat. Pour une raison simple, la mairie souhaite une simple caution à sa décision déjà prise en amont pour clouer le bec à ses opposants d'un lapidaire "la consultation a déjà eu lieu".
Je pense au contraire indispensable de s'appuyer sur ces Conseils qui connaissent mieux nos rues et les pratiques des habitants que les élus qui n'en ont qu'une maitrise partielle. C'est le principe même de l'intelligence collective.
La concertation ne peut se résumer à accrocher au mobilier urbain dans la rue des affichettes plastifiées dont il faut discerner les sujets avec une loupe. Résultat, la fameuse ZTL touchant 100.000 habitants et plusieurs centaines de milliers dans les arrondissements périphériques n'a attiré que 811 commentaires. Elle doit impliquer systématiquement les Conseils de Quartier qui doivent devenir des lieux de débats autant que de propositions. La mairie doit leur donner plus de visibilité sur son site, dans ses newsletters et dans ses revues imprimées. Elle doit mettre à leur service des outils innovants de CivicTech pour augmenter le nombre de participants et optimiser le résultat de ce travail collectif.
Il peut arriver que la mairie et les conseils de quartier ne soient pas alignés. Mais la mairie ne peut refuser le dialogue ni rejeter systématiquement les demandes unanimes et répétées d'habitants de quartier ainsi réunis sans recherche de compromis. De même qu'elle ne peut détourner l'esprit des budgets participatifs pour financer des besoins élémentaires qui devraient relever de son budget propre, qui plus est sans écouter l'avis des Conseils de Quartier préalablement.
C'est toute la démocratie locale que je souhaite remettre à plat demain par souci d'efficacité et de transparence.
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