Subject: Place de la République, un ratage à 100 millions d'euros !

Madame,

Monsieur,


AMOUR DU BETON

La mairie de Paris aime le béton. Tours duo, tour Triangle et autres projets d'urbanisme traduisent une forte appétence pour la densification. Pourquoi pas ? Les capitales évoluent toutes. Encore faudrait-il qu'elle assume cette ligne auprès des Parisiens au lieu de clamer faussement son amour pour la biodiversité en danger (en priorité les surmulots) sur un air de greenwashing dissonant.


REFONTE DE PLACE DE LA REPUBLIQUE EN 2013 : 25 MILLIONS DE BETON

La refonte de la Place de la République a été conçue dans le même esprit béton. La mairie a mis 25 millions d'euros d'argent public pour faire table rase des aménagements de la fin du XIXe siècle. Seule la statue centrale de la République a été préservée. Anne Hidalgo a choisi de condamner les squares herborés qui formaient un ensemble cohérent. Leurs grilles et leurs fontaines sculptées ont été déposées. A l'époque, la Direction de la Voirie et des Déplacements avait rédigé dans son rapport (commandé par la maire) : « Une masse végétale importante mais des terre-pleins dégradés et peu attractifs. » La mairie préfère reconstruire qu'entretenir.

« Les squares sont peu utilisés et désuets. La pauvreté de l’aménagement paysager des terre-pleins est flagrante : des fragments de pelouses, des fontaines pas toujours en état de marche, des surfaces d’enrobés noirs trop importantes, des poubelles abîmées, des clôtures… »


Ca vous rappelle quelque chose ?


Quelques arbres ont été plantés sur la place en contrepartie de la disparition de toute verdure. La place verdoyante a été intégralement bétonnisée avec les dalles en béton de l'entreprise Kronimus. Dalles mal ajustées, gare aux chutes !


La piétonisation de la place n'est pas une mauvaise chose en soi. Si elle a été conçue pour les manifestations quasi-quotidiennes, toujours bruyantes, parfois violentes, elle n'a absolument pas été pensée pour les habitants et encore moins pour les familles. Le soir, c'est la zone avec ses poivrots collants et ses bandes qui trainent.


Ce n'est surtout pas une place faite pour les cyclistes : Place de la République est l'une des places les plus dangereuses de Paris à vélo, particulièrement quand on débouche de la rue de Turbigo dans la voie centrale au milieu des voitures.


Les choix esthétiques sont un gâchis monumental. Un café en forme de station-service a remplacé les anciens kiosques art nouveau. Malgré sa décoration récente réussie, la forme d'ensemble n'est pas à la hauteur du quartier. Les bancs Davioud ont été remplacés par des traverses de bois et des blocs de métal informes, vite tagués. Il manque clairement une direction artistique à la mairie pour préserver l'harmonie esthétique des aménagements et du mobilier urbain.



CHANTIER RATE EN 2013 : GRAVES INFILTRATIONS DANS LE SOUS-SOL

Depuis 10 ans, les graves défauts d'étanchéité sont un désastre pour la station République et ses 2.300m3 de couloirs. La RATP a engagé deux procès contre la mairie de Paris, réclamant 28.5 millions d'euros et 40 millions d'euros afin de remettre en état le sous-sol gorgé d'eau. Soit près de 70 millions, mais c'était avant la vague d'inflation des dernières années. Ajoutés aux 25 millions d'aménagement raté de la Place de la République, cette mauvaise conception aura coûté au bas mot 100 millions d'euros au contribuable.

Beau ratage !


Le Conseil d’État vient de débouter définitivement la Régie de son premier recours pour un motif de délai d'appel non respecté. La seconde procédure portant sur 40 millions poursuit son cours. Quelle que soit l'issue de ces procès, la facture finale (qui sera sans doute réévaluée à la hausse) sera financée par le contribuable.



ON RASE TOUT, ON REPARE ET ON RECOMMENCE EN 2026

La RATP compte donc démarrer un chantier considérable en 2026 pour une durée de 6 à 10 ans. Elle en profitera pour ré-aménager ses couloirs et tunnels saturés par l'augmentation du trafic. Indépendamment de la conclusion de ces procès, il n'est pas envisageable que la mairie de Paris n'accompagne pas ce chantier majeur de la capitale.


D'autant que l'esplanade sera refaite à neuf à horizon de 10 ans. C'est un projet d'ampleur qui nécessite que la mairie s'y penche assez vite, une fois le chantier démarré, pour lancer des études, dresser un cahier des charges et faire un appel à projet afin de rendre à cette place historique sa beauté originelle.... et surtout pour la rendre aux riverains et aux familles.


Ce projet figure dans mon programme d'alternance à Paris Centre pour 2026 en partenariat avec les mairies mitoyennes et le futur maire de Paris :




CONVENTION DU 11 DECEMBRE, LE DEFI DU SURTOURISME

Le 11 décembre, je vous donne rendez-vous à 19h30 autour de Rachida Dati et des invités suivants pour parler tourisme... et surtourisme (adresse à venir) :

  1. Pierre Josse, directeur du fameux Guide du Routard, la référence dans le tourisme durable, exigeant sans être élitiste.

  2. Olivier Giraud, comédien de stand-up "How to become a Parisian" (allez voir ses interventions sur Instagram)

  3. Stéphane Manigold, président de l'UMIH branche restauration en Ile-de-France

  4. Rémy Knafou, professeur émérite - géographe, auteur d'une étude sur le "surtourisme"

Inscription en ligne obligatoire. - Attention, la salle est quasi complète, nous allons rapidement fermer les inscriptions !


Bien à vous,

Aurélien Véron

Conseiller de Paris et Métropolitain


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