Nous en sommes à la phase suivante : l'enquête publique obligatoire en cours.
A vous de vous exprimer en mairie ou en ligne sur ce lien (avant le 29 février).
L'Etat disposera ensuite d'un an pour valider la version finale. Vos avis auront par conséquent un impact si vous faites l'effort de vous exprimer. Ne ratez pas cette occasion. Le 29 février arrive vite.
Derrière les éléments techniques, plusieurs grands axes émergent dans la vision de la mairie de Paris :
transformer nombre de bureaux dans le centre et l'ouest parisien en logements. Les entreprises souhaitent pourtant rester dans ces quartiers (taux de vacance des bureaux historiquement bas en-dessous de 3%) pour trois raisons :
ces quartiers sont centraux et faciles d'accès en transports en commun pour leurs salariés franciliens. Ils sont également fluides en termes de circulation automobile.
ces quartiers disposent de bâtiments adaptés aux entreprises de taille importante autour desquelles gravite naturellement un écosystème de plus petites entreprises.
ces quartiers sont proches des lieux d'habitation des employeurs plutôt situés à l'ouest à Paris et en petite couronne.
faciliter l'installation de bureaux dans l'est parisien et en périphérie nord et sud très fournis en logements sociaux, parfois mal desservis en transports en commun, peu accessibles en voiture et mal équipé en bureaux.
Une partie du Marais échappe au PLU : c'est le PSMV (Plan de Sauvergarde et de Mise en Valeur, en gris clair sur la carte ci-dessus). C'est un dispositif créé par la loi Malraux du 4 août 1962 visant à protéger de nombreux centres anciens menacés par les concepts urbanistiques modernistes des années 60 et 70. Le reste de Paris n'y échappe pas.
Elément important, la ville veut passer d'un logement sur quatre social à 40% de logements sociaux. Je vous laisse imaginer le basculement sociologique de Paris et son impact économique pour les commerces de quartier, fiscal pour les recettes de la Ville... et sans doute électoral. La ville le fera en augmentant la dette, en partie à son propre bilan (en plus de la dette de 8.7 milliards d'euros fin 2024) et dans celui de ses 3 bailleurs sociaux (dette cumulée : 12 milliards d'euros à ce jour). Cette ambition promet d'augmenter considérablement l'endettement actuel de 20.7 milliards. La hausse de +62% de la taxe foncière risque de ne pas être la dernière...
La mairie compte parvenir à ce taux de 40% de logements sociaux en densifiant un peu plus la ville lorsque l'opportunité se présente ("dents creuses", ces petits immeubles bas encadrés par des immeubles beaucoup plus hauts, cours constructibles...). Mais son outil principal reste la préemption de bâtiments privés (parfois à un prix très inférieur à la celui de la transaction) pour en faire des logements sociaux. Réduisant d'autant le parc locatif privé, ce qui entretient la pénurie de logements libre.
Autre effet secondaire, la qualité architecturale des constructions neuves est souvent médiocre tant les contraintes budgétaires (avec un quota élevé de logements sociaux) et les normes parisiennes ne permettent pas des constructions élégantes et ambitieuses. Le visage du Paris contemporain n'est trop souvent pas à la hauteur du Paris historique, ni des constructions des villes monde comparables comme Londres, Tokyo ou New York.
Dans cette perspective de collectivisation rampante du logement, la Ville a décidé de "pastiller" 1.000 immeubles de plus que ceux qui l'étaient auparavant. Ces "emplacements réservés" (pastillage) obligent leurs propriétaires à convertir leur immeuble en logements, essentiellement des logements sociaux, en cas de :
changement de destination des locaux
travaux structurels ou agrandissement
cession
Les bureaux ainsi marqués devraient perdre 30 % de leur valeur avec cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête.
A Paris Centre, voici la répartition des 132 immeubles pastillés :
1er arrondissement : 24 adresses
2ème arrondissement : 66 adresses
3ème arrondissement : 10 adresses (arrondissement déjà à gauche à préserver)
4ème arrondissement 32 adresses
J'ai découvert en parcourant ces adresses qu'une école privée sous contrat de Paris Centre faisait partie des 7 écoles parisiennes pastillées (Cf article du Parisien) : l'école primaire et le collège Saint Jean Gabriel. Cette menace empêchera l'école d'engager des travaux lourds ou de s'agrandir... Encore un triste message envoyé aux familles qui osent encore envoyer leurs enfants dans le privé. Cette volonté municipale d'opposer l'école publique et privée n'est pas un bon message envoyé aux familles dont les enfants fréquentent parfois les deux. Comment s'étonner que 3.500 enfants quittent Paris chaque année ?
J'ai lancé avec mes collègues Valérie Montandon, Jean-Basptiste Olivier et Geoffroy Boulard, maire du XVIIème arrondissement, une pétition pour retirer ce pastillage de ces 7 écoles. Vous pouvez la signer ici :