Madame,
Monsieur,
J'ai découvert dans la presse la nouvelle version du futur Marché aux Fleurs. D'une réhabilitation, les versions ont évolué vers une restauration avant de basculer en restauration avec une architecture neuve, propre mais sans âme.
Depuis 2016, les projets de cette nature se sont enchainés sans se ressembler. Cette dernière mouture sera-t-elle la dernière ? Les artisans en place voient-ils vraiment la fin du tunnel... en 2028 ?
Le chantier nécessaire a déjà pris trop de retard. A 110 ans, la ferronnerie et les verrières sont très dégradées par la rouille. De nombreux éléments de la structure sont endommagés. Les fuites sont nombreuses. Mais la mairie est en partie responsable de ce dépérissement architectural.
Au fil des départ d'artisans fleuristes, la Mairie de Paris a refusé de renouveler les concessions et d'autoriser les actuels occupants à s'étendre. Les pavillons se sont lentement vidés. Sur la trentaine de stands, seuls restent une douzaine de familles, présentes pour la plupart de génération en génération depuis l'origine. Cette régie municipale perçoit des redevances de 6.000€/an au total pour un emplacement central. Mais les familles actuelles vieillissent et n'ont pas forcément de repreneur familial en vue, surtout dans ce contexte très dégradé avec une succession de promesses non tenues.
1808
Le Marché aux Fleurs Ile de la Cité est né d'un décret de Napoléon Ier transférant l'ancien marché quai de la Mégisserie sur l'Ile de la Cité entre la Sainte Chapelle et Notre-Dame.
Années 1860
Le Marché aux Fleurs a ensuite été légèrement déplacé sous Haussmann afin de construire le Tribunal de Commerce. Des structure métallique probablement dessinées par l'architecte Anatole de Baudot sont fondues par la Maison André et Fleury. Deux grandes fontaines Wallace sont également installées en 1874. Inscrites aux Monuments Historiques, elles sont encore visibles aujourd'hui
La popularité du marché attire alors les vendeurs de perruches et de canaris de la rue Saint-Martin qui décident de s'y installer à leur tour. Le marché aux oiseaux perdurera jusqu'à l'interdiction de vendre ces animaux votée en 2021 par le Conseil de Paris.
1905
Une grande partie des pavillons est enlevée et certains arbres sont abattus afin de percer la ligne du métro et la station Cité. Le marché finit par fermer. La Commission du Vieux Paris, alors intéressée par les fouilles archéologiques, ne s'y intéresse guère. Le Marché se réduit à trois pavillons séparés par les deux allées actuelles. Des marronniers sont plantés,
1914
Le financement de nouveaux pavillons est bouclé pour remplacer les anciens décrépis. Leur conception est signée par l'architecte Jean Camille Formigé. La Première Guerre mondiale ajourne le projet. Des abris provisoires en toile accueillent alors pour un temps le marché.
1924
Trois premiers pavillons sont construits avec une ossature en fer forgé et une toiture en verre. En 1928, trois autres pavillons du même style sont ajoutés. Des deux chalets érigés du côté de la station de métro, il n'en reste qu'un de nos jours.
Depuis, aucuns travaux d'entretien n'ont lieu. Un pied en béton aurait été posé au pied des poteaux des structures métalliques dans les années 90.
7 juin 2014
A l'occasion de sa dernière visite officiel pour commémorer le 70e anniversaire du Débarquement, la reine Élizabeth II a souhaité visiter ce fameux marché aux Fleurs qui a été renommé pour l'occasion « marché aux fleurs Reine-Elizabeth-II ».
2015
François Hollande commande un rapport sur l'avenir de l'île de la Cité au président du Centre des monuments nationaux Philippe Bélaval et à l'architecte Dominique Perrault. Ils proposent de remplacer les pavillons par « une serre, sorte de Crystal Palace ». L'opposition parvient à faire tomber ce projet au profit d'une rénovation des pavillons.
17 janvier 2017
Répondant à une demande de l'opposition lors du Conseil d'Arrondissement, le maire du IVe arrondissement Christophe Girard lance une étude sur l'état des structures du Marché aux Fleurs qui apparait vétuste. Le coût de la #réhabilitation (évidemment nécessaire) est beaucoup plus important que prévu. Le projet est reporté.
DĂ©cembre 2020
Une enveloppe de 4.9 millions d'euros est votée en Conseil de Paris pour engager la #restauration des pavillons historiques dont une partie, vide et à l'abandon, s'abîme vite. Le budget est voté au Conseil de Paris.
11 octobre 2021
Le budget est divisé par deux afin de financer deux tranches de manière étalée dans le temps. Cette décision contredisant la précédente est à son tour votée au Conseil de Paris. Démarrage théorique des travaux au second semestre 2023. Après toutes ces promesses non tenues, j'interroge la mairie au Conseil de Paris :
2023
La mairie décide de n'attribuer que 2.2 millions d'euros au chantier et de concéder l'exploitation des pavillons à un prestataire privé, à charge pour lui de payer le solde des travaux (et de se refaire sur les futurs loyers). Un espace sanitaire bienvenu est prévu ainsi qu'un café est prévu.
La mairie annonce que le concessionnaire retenu sera dévoilé en avril 2024. Démarrage des travaux prévu fin 2024. Aucune précision sur les loyers des actuels artisans fleuristes, ni sur leur avenir sur le site. Ils sont inquiets et n'ont aucune réponse quand je retourner échanger avec eux. J'interroge en leur nom la Mairie de Paris en mars 2023. Silence radio à la mairie.
Mars 2024
Changement de ligne, place à la #rénovation avec une nouvelle structure architecturale. Le nouveau budget du chantier s'élève dorénavant à 8 millions d'euros selon la mairie de Paris. Vides depuis des années, les cabanes donnant sur la Seine seront vite détruits. Le projet proposé par la Ville semble fonctionnel mais sans touche architecturale. Le parvis minéral n'offre plus d'espaces de livraison tant pour les clients venant chercher des plantes et matériels encombrants et lourds que pour les artisans qui préparent tranquillement les futures installations destinées à leurs clients institutionnels parisiens. Travaux prévus de 2025 à 2028. En régie, en concession ?
Nous serons vigilants sur l'avenir de l'activité artisanale et commerciale de ces pavillons afin que les artisans historiques ne soient pas remplacés par des vendeurs de colifichets destinés aux touristes plutôt qu'aux familles et aux entreprises parisiennes.
Ce lieu doit rester un lieu de vie pour les habitants et non un espace aseptisé de plus destiné en priorité aux touristes.
J'ai rencontré Jérôme Callais qui préside l'Association Culturelle des Bouquinistes de Paris, en présence d'Anne Biraben, élue du Ve arrondissement du Groupe Changer Paris. Jérôme Callais s'est montré inquiet au sujet des fameuses boites vertes des bouquinistes sur les quais à l'occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques. Ces boites anciennes et fragiles risquaient de souffrir de leur déménagement temporaire lors de la cérémonie d'ouverture. Leur enlèvement aurait par ailleurs envoyé un très mauvais message sur cet emblème parisien dont la réputation a largement franchi nos frontières. Mes échanges plus récents avec plusieurs bouquinistes sur les quais ont confirmé cette anxiété.
Grâce à l'intervention de la Ministre de la Culture Rachida Dati, le Président de la République a décidé de les laisser finalement en place lors de la Cérémonie d'ouverture. Cette décision finale est une excellente nouvelle pour Paris.
Le gouvernement a décidé que la vasque qui accueillera la flamme olympique sera installée dans le Jardin des Tuileries, près du grand bassin Est proche de la pyramide. La Mairie de Paris aurait préféré la cour carrée du Louvre. Mais l'endroit était jugé plus difficile d'accès pour le public attendu très nombreux.
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Nous reste Ă votre disposition pour toute question, les Ă©lus de mon groupe Ă Paris Centre Julien Rouet, Christel Toriello et Antoine Sigwalt et moi-mĂŞme.
Bien Ă vous,
Aurélien Véron
Conseiller de Paris