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Paris perd 3 500 enfants chaque année. Cet exode des familles frappe de plein fouet Paris Centre. Les écoles publiques se vident encore plus vite car de nombreuses familles se tournent vers l'école privée sous contrat. Cette accélération peut surprendre quand on pense qu'il y a encore peu, les établissements à la meilleure réputation étaient publics. La fameuse "mixité sociale" voulue par la mairie de Paris et Affelnet ont plié le match en faveur du privé. Un enfant parisien sur quatre se trouve aujourd'hui dans le privé.
La majorité municipale voudrait réduire le nombre de places dans le privé malgré l'allongement des listes d'attente, comme une punition pour ce secteur éducatif florissant. Sans avouer que cela coûterait extrêmement cher aux Parisiens qui ne prennent actuellement pas en charge les frais de cantine des enfants ni les charges de personne dans le privé. C'est une économie de 30 à 40% par élève. Côté école publique, nombre d'enseignants sont de plus en plus désemparés face à la banalisation des incivilités, voire de l'agressivité d'enfants de plus en plus jeunes.
Les débats lundi soir ont souligné les 3 grandes phases pour les familles : la petite enfance, phase marquée par le manque de places en crèche dont le coût varie énormément en fonction des revenus. Puis par une maternelle pas toujours stabilisante pour les petits au contact de beaucoup d'adultes différents au cours de la journée scolaire. Le primaire et le début du collège, avec ses soucis de harcèlement mal pris en charge, sécurité et de manque d'activités périscolaires de qualité bien encadrées. L'adolescence aux enjeux encore différents. Activités sportives et culturelles pas bien fléchées hors temps scolaire et pendant les vacances, insécurité dans le quartier et racket, rixes, etc.
Pour rappel, la moitié des proviseurs et principaux de Paris ont manifesté l'été dernier pour dénoncer les atteintes à la laïcité de plus en plus graves et les menaces subies par de nombreux enseignants.
La qualité de vie des parents a plongé sur tous les plans : le bruit accru la nuit avec les terrasses incontrôlées et les livraisons à des heures indues. la sécurité des piétons : les rues aux écoles à barrière sont souvent occupées par des livreurs ou traversées par des cyclistes à grande vitesse. Un accident récent a ému l'école Saint-Roch. L'enfant projeté par le cycliste (qui a fui) n'a heureusement pas été blessé malgré le choc. Mais les témoignages affluent sur les dangers aux alentours des écoles au moment de l'entrée et de la sortie des classes la sécurité physique des enfants allant et revenant du sport, du conservatoire ou d'autres activités. Peu de policiers visibles, des bandes qui trainent et une agressivité croissante dans nos rues. espaces de jeu dégradés, comme l'illustre l'espace inutilisable pour les enfants dans le jardin Nelson Mandela des Halles espaces verts peu nombreux, abîmés et mal entretenus périscolaire : les activités municipales s'apparentent davantage à une garderie avec des personnels vacataires sous-payés, peu qualifiés et souvent logés loin de Paris; des enfants trop nombreux par animateur, interdisant des activités de qualité. circulation impossible en voiture et coût du stationnement rédhibitoire pour les familles hausse du coût du logement et de la vie à Paris qui pèse sur le rapport qualité de vie / prix.
Une enseignante (mère de 3 enfants) a soulevé deux points importants : A force d'entendre que faire des enfants pollue la planète, une forme d'anxiété doublée d'un sentiment de culpabilité pourrait jouer sur l'envie de constituer une famille. Pourtant, si Paris perd des enfants, la petite couronne en gagne. C'est peut-être vrai dans la durée mais sans doute négligeable à court terme à Paris. Quelles perspectives offre aujourd'hui Paris ? Hidalgo a cloisonné la ville avec ses barrières de la "ville du quart d'heure", elle a tout investi dans l'instant présent : le buzz, la comm', la fête, le tout avec une dette colossale. Elle a tout bradé au détriment de l'avenir, des perspectives de la capitale. Une ville est avant tout un marché : marché de l'emploi, de l'artisanat, marché de la culture, marché scientifique et universitaire. L'équilibre se trouve dans les communautés de quartier : associations, écoles, églises, synagogues et autres lieux de culte, marchés alimentaires où les voisins papotent ensemble... Cette vitalité bouillonnante nécessite de la mobilité et de la densité pour doper l'émulation générale qu'elle engendre.
On "montait à Paris" pour s'offrir une carrière, une vie culturelle ou sociale, en contrepartie de quoi on supportait son lot de nuisances : stress, bruit, mouvement permanent.... Mais lorsque les nuisances sont amplifiées et que les perspectives sont rétrécies, sinon abolies, qui peut encore se projeter dans notre ville ? Sans vision d'avenir, il ne reste que des inconvénients sans les avantages. Nous devons sortir de cette obsession de l'instant et rouvrir des perspectives aux habitants et particulièrement aux parents afin qu'ils puissent se projeter à nouveau à Paris.
Voici nos premières propositions à l'issue de ces échanges : Ouvrir un patronage à Paris Centre en s'appuyant sur les espaces disponibles compte tenu de leur rareté. Nous devons envisager d'utiliser l'une des ex-mairies et d'établir des partenariats avec des écoles publiques et privées du centre pour construire un projet périscolaire ambitieux avec une offre décentralisée au niveau de chaque quartier. Les cours d'écoles et certains gymnases peuvent servir à des activités structurées hors temps scolaire afin d'optimiser l'utilisation de ces espaces importants. Le président du Bon Conseil, Thomas Lesueur, nous a présenté son projet pédagogique riche et structurant pour les enfants. Il a enthousiasmé tous les parents présents. Rétablir la sécurité pour nos enfants (vidéoprotection, police municipale) en balisant leurs parcours le soir à la sortie des équipements sportifs ou culturels (conservatoire...) connus pour leurs dangers. Entretenir les espaces de jeu et les squares de nos arrondissements. Etablir une offre culturelle lisible pour les familles avec les partenariats existants et à développer avec les musées, les théâtres mais aussi les institutions telles que la Maison du Geste et de l'Image dans le centre. Le logement social doit être destiné en priorité à nos policiers municipaux et aux puéricultrices de crèches, aux enseignants comme nous le rappelons souvent au Groupe Changer Paris avec Rachida Dati. C'est un levier pour accroitre l'attractivité de ces métiers et la disponibilité de ces agents de 1ère ligne.
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