Le premier Conseil Municipal de l'année s'est tenu mardi dernier, d'une durée assez standard de 3h30, émaillé de débats de plus en plus houleux entre composantes de la majorité... sans oublier à l'égard de l'opposition.
La discussion sur le nouveau Règlement intérieur du conseil municipal et de la nouvelle charte des Conseils de Quartiers a pris un bon tiers de la soirée. Cela semble bien plus passionner la majorité que les enjeux de propreté ou de sécurité qui n'ont jamais consommé autant de temps, ni d'énergie. Boris Jamet-Fournier a repris l'essentiel des demandes de l'opposition au cours d'échanges sereins et clairs. Un point ou deux mériteraient une clarification, il faudra sans doute apporter quelques amendements à ce socle, en particulier pour répondre aux demandes des Conseils de Quartier.
Les élus EELV ont déployé toutes leurs ressources pour imposer leur concept de parité "plus" aux co-présidences des Conseils de Quartier. Dommage qu'ils ne soient pas aussi engagés quand il s'agit du quotidien des habitants. Manifestement, les enjeux idéologiques priment très nettement dans leur mandat. La mairie voulait fixer un simple "objectif de parité", les écolos ont cranté ce concept de "parité +" qui impose "au moins une femme" sinon rien. Aucun homme ne pourra présider un Conseil de Quartier si une femme ne le préside pas déjà préalablement. Le pauvre président du Conseil Louvre Opéra se retrouve menacé de devoir démissionner après la disparition d'Hélène de Barmon qui nous a tous plongés dans une grande tristesse.
Le sujet des 350 migrants majeurs squattant depuis 2 mois les 10 000m2 de la Gaité Lyrique a aussi suscité des tensions. J'ai exposé mon analyse de cette situation inacceptable pour Paris Centre. Ces hommes ont été chassés par le maire du XXème arrondissement de sa propre mairie, du 104, puis de la mairie de Paris qui n'en voulait pas non plus chez elle. En attendant, pourquoi la mairie de Paris Centre devrait-elle toujours être le point de chute de tous les campements et autres squats de migrants ? Nous pouvons traiter quelques cas, mais à cette échelle, les tensions ne sont plus supportables pour les riverains, en particulier les femmes. Les commerçants sentent la dégradation de l'état général du quartier. L'omniprésence d'activistes d'extrême-gauche à la recherche de conflits servant leur discours ne calme pas l'anxiété générale. L'instrumentalisation politique qui est faite à gauche de cette misère humaine pour critiquer le gouvernement et culpabiliser les habitants est indigne.
En plein conseil municipal, un élu EELV est allé jusqu'à nous traiter de racistes à refuser l'accueil le plus large possible de ces migrants à Paris Centre. Difficile de débattre sereinement de sujets difficiles dans ces conditions avec une mairie absente sur le terrain quand ça tourne mal, lorsque l'église Saint-Gervais est vandalisée par exemple, ou lorsque des agents municipaux se retrouvent menacés dans des moments d'agressivité. |