Subject: Combien d'immeubles HLM vides ?

Madame,

Monsieur,



Dans sa frénésie d'acquisitions et, surtout, de préemptions (parfois très en-dessous du prix de cession) pour un total de 1.1 milliards d'euros depuis début 2023, soit 40% des transactions immobilières à Paris selon l'étude de l'agence Newark, la mairie de Paris ne sait plus où elle habite. De nombreux immeubles sont vacants ou quasi vides depuis 8, 10, parfois 15 ans. Ce sont des centaines d'appartements et des centaines de millions d'euros de capitaux municipaux bloqués en pleine pénurie de logements.


Exemples d'immeubles vacants ou quasi vides depuis de longues années :

  1. 37 avenue Georges V (magnifique immeuble de luxe vide depuis 2008)

  2. 11 rue de Sofia

  3. 53 rue Polonceau

  4. 13 rue Ramey

  5. 18 rue Jean-Jacques Rousseau

  6. ...


Au 48 rue de Richelieu par exemple (3 familles en tout et pour tout sur 6 étages d'appartements), les travaux viennent de commencer après 8 ans de harcèlement des derniers locataires... Hélas, l'entreprise de travaux a déposé le bilan et l'architecte s'est désisté. On reconnait la patte de la mairie de Paris à ce vrai travail de pros.



J'ai demandé un audit du parc d'immeubles HLM et des logements sociaux vacants depuis plus de 2 ans dans le parc de la ville de Paris et de ses bailleurs sociaux au Conseil de Paris de novembre si vous vous rappelez bien. Inutile de vous préciser la réponse de l'exécutif qui entretient énergiquement son culte du secret avec l'argent des Parisiens. Tout ce qu'on sait, c'est qque l'objectif est de monter à 40% de logements sociaux à Paris sous la prochaine mandature.


Mais ce jeu de Monopoly (version soviétique) explique pourquoi la Ville de Paris emprunte chaque année près d'un milliard d'euros sur les marchés financiers. Il faut bien financer ces préemptions et ces acquisitions et les caisses sont déjà vides. Voilà aussi pourquoi les bailleurs sociaux empruntent parallèlement de leur côté auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations pour financer les loyers capitalisés, ces 65 années de loyers à verser d'une traite à la mairie (qui ne touchera plus un kopeck pour le restant du bail à courir). Cette dette des bailleurs sociaux (12, 15 ou 20 milliards d'euros ? Difficile à savoir) n'apparait pas au bilan de la mairie. Malin.



La Ville de Paris s'est transformée en une foncière gigantesque avec 1/4 des logements parisiens municipalisés... dont elle ne touchera plus de loyers pendant les décennies à venir lorsque les loyers capitalisés ont déjà été versés.




Chantier du parvis et des jardins au pied de Notre-Dame de Paris


L'architecte paysagiste de renommée internationale Bas Smets a présenté la semaine les grandes lignes de la dernière version de son projet pour le parvis de Notre-Dame, le square Jean XXIII et le square de l’Île-de-France qui abrite le Mémorial des martyrs de la déportation à la pointe est de l’île de la Cité. 190 arbres plantés, un parvis tout neuf effaçant les dalles historiques rappelant les constructions anciennes, un souterrain ouvrant sur les berges sud de l'ile accueillant les masses de touristes avec une bagagerie, des toilettes, au accès à la crypte... et des boutiques, un café... Les touristes pourront débarquer de leur bateau mouche et rentrer directement le long des berges percées par de grandes ouvertures (pourtant classées patrimoine mondial de l'UNESCO) menant au café et aux boutiques à l'ombre dans le vaste souterrain prévu sous le parvis futur.



Ces aménagements apparaissent d'une modernité fonctionnelle épatante. Mais dans la reconfiguration générale de l'Ile de la Cité sur plusieurs gros chantiers (marché aux Fleurs, Hôtel Dieu, Palais de Justice, 36 quai des Orfèvres...), ne risquent-ils pas de transformer un peu plus l'ile de la Cité en disneyland sans âme, dépouillée de ses activités traditionnelles jusqu'ici ? L'analyse qui soulève l'essentiel des sujets pratiques du chantier dans sa version actuelle est celle d'Emmanuel Delarue, un amoureux de Paris Centre.


Les adjoint présents n'ont évidemment pas parlé argent. Quand on aime, on ne compte pas. Surtout avec l'argent des autres. Je me dois de rappeler que la mairie avait initialement promis 50m€ pour restaurer Notre-Dame. Puis elle avait annoncé réorienter ces 50 millions dans le réaménagements des alentours de Notre-Dame. Petit bonus : apprenant que la mairie comptait bien exiger ses 25 millions d'euros de taxe de chantier, j'avais engagé un bras de fer médiatique avec la mairie qui n'avait pas tardé à annuler ce prélèvement inapproprié.


Dans une belle opacité, Bas Smets a remporté l'appel à projet sur un cahier des charges mal conçu, largement critiqué et très largement amendé depuis lors (Bas Smets a indiqué à ses proches qu'il ne retravaillerait plus dans des conditions aussi amateures et contraignantes). Il fallait bien engloutir 50 millions dans le projet comme annoncé.


Et voilà !


C'est reparti pour 5 années de travaux pharaoniques...




CONVENTION DU 11 DECEMBRE, LE DEFI DU SURTOURISME

Le 11 décembre, je vous donne rendez-vous à 19h30 autour de Rachida Dati et des invités suivants pour parler tourisme... et surtourisme (adresse à confirmer) :

  1. Pierre Josse, directeur du fameux Guide du Routard, la référence dans le tourisme durable, exigeant sans être élitiste.

  2. Olivier Giraud, comédien de stand-up "How to become a Parisian" (allez voir ses interventions sur Instagram)

  3. Stéphane Manigold, président de l'UMIH branche restauration en Ile-de-France

  4. Rémy Knafou, professeur - chercheur, auteur d'une étude sur le "surtourisme"

Nous avons déjà 200 inscrits, merci de m'informer de votre venue car les places sont limitées.


Bien à vous,

Aurélien Véron

Conseiller de Paris et Métropolitain


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