Apparu dans les années 90, le crack (appelé « cocaïne basée » ou « free base ») est un dérivé très addictif du chlorhydrate de cocaïne, résultant de l’adjonction de bicarbonate ou d’ammoniac. Cette transformation permet une cristallisation de la poudre en petits cailloux, destinés à être fumés et, plus rarement, injectés. Les effets sont rapides mais plus courts (10 à 15 minutes au lieu d'une heure), conduisant les consommateurs à une multiplication des prises. Les saisies explosent depuis une dizaine d'années pour atteindre 28 tonnes en 2022.
Une grande partie des consommateurs viennent dorénavant du monde des boites de nuit et des rave party. Les trafiquants parviennent aussi à se constituer une clientèle parmi les migrants en grande précarité auxquels ils font croire qu'ils oublieront leurs angoisses. Ce produit conduit très souvent à une addiction profonde avec des complications psychiatriques (troubles cognitifs, dépression…), somatiques (complications respiratoires, infectieuses, cardio-vasculaires, neurologiques…) et sociales (rupture familiale, perte d’emploi, perte du bail, incarcération pour détention de produit illicite, etc.). Les comportements des consommateurs de crack deviennent imprévisibles, parfois violentes sans raison.
Les centres de soin, d'accompagnement et de prévention ont estimé le nombre de consommateurs de crack à environ 43.000 en 2019 en France. Dont la moitié à Paris et en proche banlieue. Ils étaient alors près de 800 à vivre dans la rue. C'était avant le Covid. La demande ne cesse hélas de croitre.
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