Madame, Monsieur,
Pour la deuxième fois, la majorité municipale parisienne a voté des vœux réclamant l’attribution de la citoyenneté d’honneur de la Ville de Paris aux Gazaouis et, plus largement, à tous les Palestiniens. Et cette fois, la mairie est passée du symbole à l’acte : l’exécutif a annoncé que ces vœux seraient transformés en délibération officielle ayant force de décision. Autrement dit, ce ne sera plus une posture militante de séance du Conseil de Paris, mais une décision institutionnelle engageant officiellement le nom de Paris. Toute la gauche municipale a voté ce texte avec enthousiasme, y compris les élus de Paris Centre présents ce jour-là. La même mairie qui prétend lutter contre l’antisémitisme s’apprête donc à offrir la plus haute distinction symbolique de la capitale à une population dont une partie significative soutient ou tolère un mouvement islamiste responsable du plus grand massacre antisémite du XXIe siècle. Car derrière les slogans faciles et les grandes poses morales, il y a la réalité. Le 7 octobre, nous n’avons pas vu seulement des terroristes du Hamas massacrer des civils, violer et éventrer des femmes, brûler des familles et enlever des enfants. Nous avons aussi vu des foules en liesse acclamer ces crimes, cracher sur des corps mutilés, hurler autour des otages ensanglantés exhibés dans les rues de Gaza comme des trophées de guerre. C’est cette réalité-là que certains élus parisiens ont choisi d’effacer sous un vernis compassionnel simpliste. La citoyenneté d’honneur de Paris n’est pas un badge militant distribué au gré des émotions idéologiques du moment. Elle fut accordée à des figures incarnant un combat universel pour la liberté et la dignité humaine : des dissidents, des résistants, des victimes de dictatures, des femmes courageuses comme Narges Mohammadi. Pas à une population entière traversée par des fractures politiques majeures, dont une partie soutient ouvertement un mouvement terroriste islamiste. Cette confusion morale est vertigineuse. Car enfin, à quel moment Paris a-t-elle décidé de mettre sur le même plan les habitants de Kiev bombardés sans avoir agressé personne et une société gangrenée depuis des décennies par le Hamas, l’endoctrinement antisémite, les attentats-suicides et la glorification du martyre terroriste ?
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Après le financement de la librairie Violette and Co que j'ai fait bloquer temporairement, librairie qui ne se contentait pas de promouvoir activement des ouvrages antisionistes radicaux mais relayait également, après le 7 octobre, un livre pour enfants présentant le terrorisme palestinien sous un jour héroïque, après le vote d’un vœu visant à attribuer un espace public parisien à Leïla Shahid, militante palestinienne ayant exprimé sa solidarité avec le Hamas après les massacres du 7 octobre, cette nouvelle décision éclaire un peu plus la ligne idéologique suivie par la majorité municipale parisienne. À chaque fois, les mêmes mécanismes : de grands discours contre la haine, contre l’antisémitisme, contre les extrémismes… puis, dans les faits, des gestes symboliques, des subventions, des hommages ou des distinctions qui banalisent peu à peu les discours les plus radicaux lorsqu’ils viennent de l’ultragauche décoloniale ou de la mouvance pro-palestinienne la plus fanatisée. Paris fut longtemps une capitale universelle. Elle devient progressivement le théâtre d’un militantisme municipal où le désir manifeste de voir Israël disparaître de la carte l’emporte sur toute prudence morale, historique ou républicaine. Au moment où les actes antisémites connaissent une flambée sans équivalent depuis la seconde guerre mondiale, cette promotion d'un antisémitisme déguisé est tout simplement inexcusable. La radicalisation de l'équipe municipale apparait clairement dans ce naufrage moral et politique.
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Cordialement, Aurélien Véron Conseiller de Paris, élu à Paris Centre
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