Subject: Hommage à Charles Tremil

Madame,

Monsieur,



Au conseil municipal mardi soir, le maire a rendu un hommage vibrant à Charles Tremil dont l'histoire est intimement liée à celle de Paris Centre où il a grandi et qu'il n'a jamais quitté. Charles Tremil était le président de l'association Histoire et mémoire du IIIe.


Cet homme a consacré sa vie à retrouver le nom de chacun des 559 enfants juifs déportés du IIIe arrondissement, le plus touché de la capitale, sur les 11.400 déportés en France. Il a épluché la liste publiée par Serge Klarsfeld en 1994, les registres des écoles et lycées, croisé avec les fiches d'état civil de la mairie, et même les certificats d'études conservés par les archives. A l'école de la rue de Montmorency, Charles a trouvé un double registre caché dont les noms ne correspondaient pas au registre officiel. Il a contribué à faire vivre la mémoire de ces enfants du quartier, à commencer par ses témoignages dans les écoles sur cette face sombre de notre histoire.


En 2007, Charles Tremil a fait installer une stèle portant le nom de chacun des 85 jeunes enfants pas encore scolarisés et déportés du IIIe arrondissement. Comme Françoise Sukno, 2 mois, Simon Horyn, 1 an, Rachel Aktor, 2 ans, Ida Sztern, 3 ans, Léon Waserman, 5 ans...


Chaque année, les 85 noms sont récités par les élèves des écoles du quartier pour ne jamais oublier, ne jamais LES oublier.



En 1942, Charles Tremil (Trzmil de son vrai nom) et sa famille ont dû quitter leur appartement de la rue de Saintonge, au cœur du Marais, pour Évreux. Il avait 7 ans. Sa mère est retournée à Paris payer le loyer accompagnée de ses grands frères Jacques, 13 ans, et Maurice, 15 ans. Si Maurice est parvenu à s'échapper et à rejoindre le maquis, Jaques et sa maman Paula ont été arrêtés dans la nuit du 15 au 16 juillet au cours de la tristement célèbre rafle du Vél' d'Hiv. Déportés à Auschwitz, ils seront gazés à leur arrivée. L'école de la rue Béranger porte le nom de son frère Jacques.

Après 3 ans de clandestinité, Charles Tremil est revenu à Paris. Il vivait toujours rue de Saintonge à la fin de sa vie.


Au moment où certaines fractures graves font ressurgir l'antisémitisme pour l'instrumentaliser dans une perspective politique, il est essentiel de se rappeler notre histoire pour ne plus jamais vivre ça.


Nous ne tolèrerons aucun propos, même sous-entendu, aucune menace et aucun acte à connotation antisémite sans réagir avec force. C'est un devoir de continuer inlassablement à commémorer la disparition de Charles Tremil qui a tant œuvré pour préserver la mémoire des jeunes victimes de la collaboration et du nazisme. Nous ne les oublierons jamais.



Bien à vous,

Aurélien Véron

Conseiller de Paris et Métropolitain


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