Subject: Fin du Conseil de Paris : opacité et politicailleries
Madame,
Monsieur,
Le Conseil de Paris s'est poursuivi jusqu'à vendredi 22h00. Comme je vous l'ai annoncé, j'ai demandé un audit sur le nombre de logements sociaux vacants depuis 8, 10 ou 15 ans. Les exemples connus sont nombreux, rue de Richelieu ou rue Jean-Jacques Rousseau mais aussi hors de Paris Centre, boulevard de Belleville ou avenue Georges V. Refus de la mairie une fois de plus. Je suis habitué, l'exécutif a déjà rejeté par le passé ma demande de publication des niveaux d'endettement des bailleurs sociaux (la plupart ne révèlent pas leurs rapports financiers annuels), ainsi que des statistiques sur le statut, la nature du travail et le lieu de travail des habitants des 290.000 logements sociaux parisiens, soit un logement sur quatre. Une grosse part de la dette de la ville est due à cette frénésie d'acquisitions qui assèchent le marché du logement libre. Nous sommes en droit de savoir quel usage est fait de ce patrimoine gigantesque. Apparemment pas pour la mairie de Paris...
Vers 21h30, j'ai enfin pu exposer ma proposition d'une handi-randonnée nocturne permettant aux Parisiens à mobilité réduite, y compris en fauteuil, de profiter accompagnés des plus beaux quartiers de Paris à leur rythme. Paris juste pour eux ! L'occasion de s'approprier leur ville pour profiter tranquillement de son charme et exposer librement leurs attentes en matière d'aménagements urbains. L'idée m'a été suggérée par Faouzi Derbouz, lui-même à mobilité réduite et à l'énergie inversement proportionnelle à son handicap. Il a déjà réalisé des dizaines de randonnées de cette nature entre le nord de Paris et la banlieue. Nantes a démarré ces randonnées urbaines. Pourquoi seuls les valides courant le marathon ou le 10km pourraient-ils disposer en exclusivité des plus belles avenues de Paris ?
L'adjointe au handicap Lamia El Araje a cru qu'elle m'avait déjà répondu au dernier Conseil de Paris (j'avais présenté ce vœu avant de le retirer pour un conflit d'agenda). Ce n'était pas le cas. Belle illustration du je-m'en-foutisme concernant les thématiques du handicap qui ne l'intéressent absolument pas. Si cette mission ne lui convient pas, pourquoi l'avoir acceptée ?
En attendant, j'ai interrompu Lamia El Araje pour lui dire que cette instrumentalisation minable d'un sujet sérieux touchant les plus fragiles dans leur mobilité était minable. Je pense pouvoir dire que nous ne partirons pas en vacances ensemble. Jamais.
Triste naufrage éthique d'une mairie qui ne cesse de faire la morale aux Parisiens, à prétendre leur apprendre la vie en déconstruisant leur quotidien méthodiquement, à rendre la vie des plus fragiles impossible. Pas étonnant que 45.000 habitants aient fui la ville ces 3 dernières années.
OPERATION TERRAIN
Nous sommes allés à la rencontre des habitants de Paris Centre sur les marchés samedi et dimanche matin. Tractage comme tous les matins de la semaine, mais les passants sont plus disponibles et ouverts à l'échange sur un marché qu'en partant au bureau.
Nous avons eu des échanges nourris autour de leurs attentes. Quelques opposants vocaux et beaucoup de soutien dans l'ensemble. Les riverains ont souhaité s'assurer que je comptais bien conserver les pistes cyclables protégées et favoriser l'usage du vélo. Ils ont aussi exprimé leur désarroi devant les plans de circulation qui pénalisent durement leurs déplacements occasionnels en voiture (quand ils en ont une) ou ceux de leurs proches, sans négliger la réduction massive des places de stationnement en surface. Ils souhaitent une réduction de la circulation mais le confort de déplacements motorisés pour eux-mêmes, les artisans et les commerçants dont ils ont besoin.
C'était l'ambition enfantine de la ZTL qui se révèle déjà une coquille vide. A nous de travailler sur des dispositifs applicables et efficaces tout en fluidifiant le trafic dans la capitale.
BLOQUEZ VOS SOIREES
11 décembre : soirée "Du tourisme durable au surtourisme, où se trouve l'équilibre ?" en présence de Rachida Dati
6 janvier : soirée "Le commerce à Paris Centre est-il menacé ?'