Le 28ème Conseil Municipal de cette mandature a eu lieu hier soir. Plusieurs échanges vigoureux ont opposé les élus écologistes aux socialistes, révélant de graves fractures au sein de la majorité.
J'ai pour ma part défendu la rigueur en matière de dépense publique, la fin des conversions de logements privés en logements sociaux et une ouverture d'axes de circulation dédiés aux riverains le temps des Jeux Olympiques et Paralympiques. J'ai joint ma voix à une proposition visant à dynamiser la démocratie locale des Conseils de Quartier en leur offrant une véritable visibilité et des outils élargissant leurs débats à des habitants moins disponibles. Je suis également partisan de votations à condition de poser des questions claires et de laisser le temps au débat d'avoir lieu.
Toutes mes propositions ont bien évidemment été rejetées.
BUVETTE DU CLIMAT
Je me suis élevé contre le versement d'une subvention supplémentaire de 10.000€ à la buvette de l'Académie du Climat qui reçoit déjà 26.000€ de subvention annuelle. Ce bistro ne devrait pas avoir de souci de rentabilité avec la vente d'alcool et de plats bio-équitables. Les bistrots du quartier pestent contre ce concurrent déloyal qui pratique des prix comparables malgré son loyer annuel dérisoire de 6.000€. Cette buvette fortement politisée installe aussi des terrasses dans la rue sans autorisation et anime les nuits de tout le quartier avec son DJ dans la cour de l'ex-mairie du 4e arrondissement. Ce versement d'argent public défendable a tout de même été validé par la majorité. En réponse à mon constat, l'adjointe Audrey Pulvar s'est contentée d'une réponse ironique en m'invitant à venir assister au débat ce soir sur le patriarcat pour découvrir les bienfaits de cette Académie du Climat. Quel rapport entre le patriarcat et le réchauffement climatique ?
LOGEMENTS PRIVES CONVERTIS EN LOGEMENTS SOCIAUX
Je me suis opposé à l'acquisition ou préemption de 3 immeublesde logements privéspour 2.5 millions, 4.35 millions et 8.5 millions d'euros aux 6 rue Poissonnière, 39 rue de Poitou et 42 rue de la Verrerie (que le BHV voulait transformer en commerce). au total nécessitant des travaux considérables à prévoir non budgétés. qui viendront s'ajouter au prix d'acquisition. Le prix au m2 payé par la mairie (travaux inclus) dépasse parfois très largement le prix du marché (rue de Poitou, plus de 14.000€/m2 tout compris alors que le prix du marché tourne autour de 11.900€/m2). C'est une très mauvaise allocation de l'argent public. N'oublions par que le 4ème arrondissement compte déjà 15% de logements sociaux.
Le montage financier dissimule (c'est quasi-systématique avec la mairie) la dette dans les bilans des bailleurs sociaux qui cumulent déjà 12 milliards d'euros. Ceux-ci sont en effet sommés de verser immédiatement les 65 années de loyers du bail emphytéotique à la mairie de Paris afin que celle-ci puisses les ré-investir immédiatement dans l'acquisition de nouveaux immeubles. Qui paiera alors que les loyers ne couvrent même pas les intérêts des emprunts ?
A force de convertir des appartements en logements sociaux, les loyers montent, évinçant les classes moyennes qui ne peuvent plus se loger à Paris.
Pour rappel, la loi SRU est déjà respectée car un logement sur quatre est un logement social à Paris conformément à la loi SRU. Ce serait catastrophique de monter à 40% comme le souhaite la mairie de Paris. Par ailleurs, je plaide pour substituer des logements intermédiaires aux logements sociaux afin de faire revenir les classes moyennes maintenant que la loi les intègre au quota SRU.
Voici l'impact électoral à gauche (conséquence d'une évolution sociologique) de la densification des logements sociaux indiquée sur la carte à droite :
SOULAGER LA CIRCULATION PENDANT LES JO
La place de la Concorde et son pont sont fermés à la circulation jusque fin septembre. Il ne reste qu'une seule sortie des 1er et 2e arrondissements par le sud : rue du Louvre et son prolongement vers les quais, rue de l'Amiral de Coligny. Les embouteillages rue Saint Honoré de 8h à 23h sont tels qu'ils bloquent la fin de l'avenue de l'Opéra où taxis et bus attendent parfois 20 minutes avant de pouvoir traverser l'unique guichet du Louvre ouvert afin de traverser la place du Carrousel sur la 3 voies vide.
J'ai donc proposé les mesures suivantes jusqu'à la fin des Jeux Olympiques et Paralympiques en septembre :
Accès à la place du Carrousel aux habitants de Paris Centre munis de leur vignette pour traverser le Louvre et accéder facilement quai du Louvre.
Ouverture d'un guichet du Louvre supplémentaire dédié aux vélos qui doivent se glisser entre les véhicules aujourd'hui en espérant ne pas être fauchés dans l'angle mort d'un bus. Pour information, j'ai déjà déposé une proposition dans ce sens il y a deux ans. Sèchement refusée par David Belliard, l'adjoint aux mobilités (ou plutôt à la "démobilité").
Pour la mairie, il n'est pas question de faciliter la vie des habitants. C'est donc un refus poli qui m'a été opposé : les quelques voitures des riverains encombreraient les 3 voies vides de la place du Carrousel dédiées aux taxis et aux bus. Les habitants savent que ces flux sont minimes. Ensuite, le pont du Carrousel étant fermé aux voitures depuis quelques semaines, les riverains ne déboucheraient que quai François Mitterrand. D'abord la fermeture du pont est une hérésie. Ensuite, la mairie qui ne connait pas les 1er et 2e arrondissements ne sait pas qu'une fois sur ce quai, la circulation est nettement plus fluide. De l'avenue de l'Opéra à la rue de l'Amiral de Coligny via la rue Saint Honoré (500 mètres), il faut 1h30 à 2 heures de bouchon.
Quant aux vélos, la réponse fut moins négative mais néanmoins fermée. Bref, voeu rejeté comme d'habitude. Faire vivre l'enfer aux habitants de Paris Centre devient la signature de la mairie.
Nous restons à votre disposition pour toute question, les élus de mon groupe à Paris Centre Julien Rouet, Christel Toriello et Antoine Sigwalt et moi-même.