Subject: Conseil municipal : compte-rendu

Madame,

Monsieur,


Conseil municipal très tendu

Le 30e conseil municipal de la mandature s'est tenu hier à la mairie de Paris Centre de 19h00 à 23h40. Il s'est ouvert par un hommage du maire de Paris Centre à l'égard du militant de Paris en Selle Paul Varry, suivi de propos touchants de l'adjoint aux mobilités Florent Giry qui le connaissait bien. L'émotion était générale.



Caarud et crack

Les hostilités ont commencé ensuite. Rebondissant sur mon intervention sans le dire, le maire a pour la première fois évoqué le déménagement du Caarud de la rue Dussoubs au 76 rue de Cléry il y a 15 jours. Première fois que le sujet est enfin publiquement mis sur la table. Tout va bien selon lui : circulez, il n'y a rien à voir. C'était une critique en creux sur le risque de polémiquer sur un sujet qui, à ses yeux, n'en est pas un. Je n'ai pas eu de droit de réponse. Vous me connaissez, j'ai attendu le bon moment pour offrir un autre regard sur la question.


Cette occasion, c'était une délibération sur une subvention à Gaia, association qui tient (très mal) la Salle de Consommation à Moindres Risques (SCMR), appelée communément Salle de Shoot, dans le Xè arrondissement à l'extérieur de Lariboisière. J'ai rappelé que la rue Dussoubs, animée au croisement avec la rue Réaumur, n'est pas la rue de Cléry calme et résidentielle, que tout s'est déroulé dans le dos des habitants de Paris Centre. Les 300 lettres envoyées aux riverains les plus proches ne sont pas suffisantes et ne constituent pas un débat à vocation pédagogique accompagné de mesures concrètes. Un Caarud n'est pas une SCMR mais il attire néanmoins un public de toxicos qui s'ancrent dans le quartier pour leurs pratiques dangereuses, parfois de manière agressive. Ce n'est pas anodin du tout. C'est légitimement anxiogène pour les habitants de ce quartier qui était extrêmement calme jusque-là. Surtout si la mairie est aux abonnés absents les premières semaines alors qu'elle devrait redoubler d'efforts pour préserver un environnement sain et serein et calmer les inquiétudes des riverains. Les échanges ont été peu amènes. Peu d'élus de la majorité connaissant le sujet aussi bien que moi, le débat a vite tourné court à notre avantage.



Subventions exotiques

Avec mon groupe d'élus, nous avons rejeté plusieurs subventions à des associations comme Petite Rockette (205.000€ au total tout de même) qui aide les cyclistes du nord-est de Paris mais, surtout, qui offre des ateliers en "mixité choisie", c'est à dire interdites aux hommes. Je n'ai rien contre ce genre d'ateliers ségrégationnistes à titre privé. Je refuse que l'argent public aille à ces pratiques discriminantes qui sont contraires aux valeurs universalistes auxquelles je tiens fermement. Je ne partage pas cette dislocation insidieuse du pacte républicain qui range les individus dans des cases en fonction de leur genre, de leur origine, de leur couleur de peau. Prôner l'égalité commence par traiter tout le monde de manière identique.


Une autre association a déjà contribué au gâchis de 11 millions d'euros de la promenade urbaine entre Barbès et Rochechouart. Les aménagements ont tenu 6 mois avant de finir en débris à jeter à la benne. J'ai estimé qu'une association co-responsable de cette gabegie devrait être interdite de subventions pour longtemps tant elle s'était révélée mauvaise et irresponsable avec l'argent public. Bref, j'ai énuméré un certain nombre de subventions injustifiables... néanmoins votées avec enthousiasme par la majorité municipale insensible au concept de bonne gestion et de à la culture de la performance.




Plan Local d'Urbanisme bioclimatique

Je traiterai bientôt ce sujet dramatique pour l'économie parisienne et ses mesures d'expropriation.




Campements de migrants

A la fin, les élus communistes ont porté un vœu exigeant de l'Etat l'ouverture de 10.000 hébergements d'urgence pour les migrants à la rue. C'était une réponse à mon intervention devant le campement sauvage sur le parvis de l'école Saint-Merrii qui s'est traduite par son démantèlement quelques jours après.


J'en ai profité pour rappeler qu'une élue de la mairie de Paris Centre avait aidé les migrants à se cacher dans une église afin de revenir squatter le soir même. J'ai demandé si c'était la ligne de la mairie.


Piqué au vif, le maire a exprimé son souhait de voir les campements démantelés... à condition que leurs occupants soient relogés dignement, ce qui ne fut pas le cas pour Saint-Merri. Sa majorité a pris sa défense en insistant sur le fait que ces campements devaient trouver une alternative avant d'être chassés. Mais que répond-elle aux bagarres fréquentes dans ces campements ? Elle n'ose pas rappeler le fait que les femmes ont été battues et chassées des premiers campements par des hommes qui dominent depuis ces lieux. Que pensent ces élus des riveraines proches qui ont peur de rentrer le soir ? Que proposent-t-ils aux agents municipaux qui ont été agressés physiquement au moment du nettoyage du parvis de l'école Saint-Merri ?


A choisir, je porte ma préférence sur la dignité des riverains et la sécurité des agents municipaux. Le ton est monté très haut, mes interventions filmées semaine après semaine ont été méchamment critiquées comme irrespectueuses, populistes et même dangereuses pour la société.



Et vous, qu'en pensez-vous ?




Bien à vous,

Aurélien Véron

Conseiller de Paris et Métropolitain


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