Madame, Monsieur,
Débat surréaliste au Conseil de Paris autour d’un vœu de soutien aux lycéens en grève
La majorité parisienne a annoncé que toutes les mairies d’arrondissement seraient mises à disposition des grévistes pour les aider à organiser leur mouvement. Au groupe Paris Liberté !, nous nous y sommes bien évidemment opposés. Les mairies d’arrondissement ne sont pas les permanences d’un mouvement social, encore moins lorsqu'il est instrumentalisé par LFI. Surtout, leurs maires ont été élus. C’est à eux de décider de l’utilisation de leurs locaux et d’en assumer la responsabilité démocratique. Emmanuel Grégoire s’en est ensuite pris à Valérie Pécresse en l’accusant de ne pas entretenir les lycées parisiens. Les chiffres racontent pourtant une autre histoire : depuis 2016, la Région a engagé un plan de rénovation des lycées de 6,6 milliards d’euros, budget annuel doublé pour rattraper leur état de délabrement lors du départ de Jean-Paul Huchon. Plus de 350 lycées ont été transformés et deux lycéens sur trois étudient désormais dans un établissement neuf ou rénové. La mairie de Paris, elle, a divisé par deux son budget de rénovation des collèges… refusant les rabais proposés par la région dans les lycées… qui sont également des collèges.
Mais le plus préoccupant est venu ensuite. À plusieurs reprises, Emmanuel Grégoire a parlé de « violences policières », sans un mot pour les centaines de policiers blessés depuis le début de ce mouvement. Chacun peut évidemment se réjouir que tout incident grave donne lieu à une enquête sur les forces de l’ordre. Mais on ne peut pas raconter ces affrontements en effaçant les violences commises contre les policiers, les enseignants, les établissements incendiés ou dégradés. En reprenant ainsi une terminologie portée notamment par LFI, la majorité parisienne a transformé progressivement ce débat municipal en tribune politique. Notre groupe Paris Liberté ! a donc choisi de quitter l’hémicycle et de ne pas participer davantage à ce que nous considérions désormais comme une mise en scène partisane de récupération politique du mouvement lycéen.
Soutenir les revendications légitimes des lycéens, oui. Justifier les blocages, minimiser les violences ou mettre les mairies au service de l’organisation de la grève, non.
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Interruption des débats de 14h30 à 16h pour permettre aux élus de la majorité municipale de rejoindre la manifestation lycéenne
On peut entendre les lycéens lorsqu’ils dénoncent les absences de professeurs non remplacées ou une charge de travail mal répartie. Des vacances très longues et des semaines surchargées : cette organisation mérite d’être repensée.
Mais entendre leurs difficultés ne signifie pas entretenir leurs illusions. Lorsqu’ils rejettent l’exigence, l’effort ou la sélection, notre responsabilité est de leur expliquer que leur vie professionnelle les confrontera à des compétences à démontrer, à des responsabilités à assumer et à une concurrence bien réelle. L’école doit les y préparer.
À quelques mois de la présidentielle, instrumentaliser l’anxiété des lycéens pour servir une stratégie électorale est indigne d’élus de la République. Leur responsabilité est de rappeler les règles, de garantir le libre accès aux établissements et de prévenir les violences. Ces jeunes ne mesurent pas toujours les dangers auxquels ils s’exposent. Lorsque les affrontements dégénèrent, que des policiers sont blessés par centaines, que des enseignants et des personnels d’encadrement sont violemment agressés, que plus de 5;000 jeunes ont été interpelés, encourager la confrontation devient une faute politique et morale. Les élus doivent protéger les jeunes, pas faire de leur colère et de leurs inquiétudes de la chair à canon au service de leur idéologie.
| Bien à vous,
Aurélien Véron Conseiller de Paris, élu à paris Centre |
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