Subject: Conseil municipal: Monopoly immobilier et grand chelem de l'opposition


Madame,

Monsieur,





Le Conseil municipal s’est tenu mardi soir dans une atmosphère tendue dans les rangs de la majorité. Plusieurs nouvelles préemptions d'immeubles entiers rue Réaumur, rue Saint-Martin et rue de Nazareth m’ont donné l’occasion de rappeler une évidence que la mairie préfère soigneusement (et systématiquement) contourner :

  1. Préempter un immeuble ne crée pas un seul logement. Pas un. On retire simplement des appartements du marché libre pour les faire entrer dans le parc municipal. La différence est essentielle. À force de municipaliser le logement, Paris cesse peu à peu d’être une ville que l’on choisit d’habiter. Elle devient une ville qui choisit ses habitants.

  2. La mécanique financière est tout aussi préoccupante. Avec les loyers capitalisés, la Ville encaisse aujourd’hui jusqu’à 65 années de revenus futurs et les dépense immédiatement. Autrement dit : on consomme aujourd’hui les recettes de plusieurs générations futures.

  3. Mais ce n’est pas tout. Pour financer ces opérations, la Ville emprunte, les bailleurs aussi. Avec les taux actuels largement supérieurs à 5% pour Paris, la dette à rembourser demain peut plus que doubler une fois les intérêts ajoutés. Et pendant ce temps, la Ville aura déjà consommé par avance les loyers des bailleurs sociaux : elle devra donc faire face à cette dette sans disposer, pendant des décennies, des revenus locatifs correspondants.

Voilà le Monopoly municipal : acheter aujourd’hui à crédit avec les loyers de demain, puis laisser la facture aux générations suivantes. La mairie de Paris ferait bien de renoncer à se prendre pour un promoteur immobilier vu le niveau d'amateurisme de ses bailleurs sociaux. Quand on voit les retards, les surcoûts et les difficultés qui accompagnent déjà nombre de ses propres chantiers, un peu de modestie dans la gestion immobilière ne serait pas superflue.


En revanche, mon groupe a réalisé le grand chelem : nos trois vœux ont été adoptés à l’unanimité.

  1. Le premier concerne la sécurité des bars gays du Marais. Après des années de combat de mon groupe d'opposition, notamment de Julien Rouet, ininterrompu pour organiser une vraie stratégie. Un sujet qui touche évidemment leurs clients, mais plus largement tous les habitants du quartier : la sécurité ne se découpe pas selon les publics.

  2. Le deuxième porte sur le plan canicule de la mairie. Après plus de deux décennies de discours lénifiants sur son expertise environnementale face au réchauffement climatique, cet été a montré à quel point la Ville restait démunie face aux épisodes de chaleur extrême qu'elle annonçait depuis des années. Il faut désormais passer des slogans aux dispositifs réellement opérationnels.

  3. Enfin, nous avons obtenu que l’association Swing puisse continuer à faire danser les Parisiens place Colette deux fois par semaine, avec l’accord des riverains. C'est une association de bénévoles qui invite tous les Parisiens à venir danser gratuitement, avec un vrai succès populaire. Cela n’empêche évidemment pas de maintenir la pression sur les groupes qui viennent, eux, occuper l’espace public avec des sonos puissantes pour récolter de l’argent, au détriment de la tranquillité du voisinage, bien au contraire. L'espace public doit être réservé aux initiatives collectives de ce type, populaires et bénévoles.

Comme quoi, au Conseil municipal, on peut parfois défendre à la fois la liberté, la sécurité, la convivialité et le respect des riverains... et même réussir à mettre tout le monde d’accord.




"Ce n'est pas un mouvement lycéen, c'est un laboratoire du chaos"

FX Bellamy


Face aux violences qui touchent de nombreux lycées parisiens depuis plusieurs jours, la gauche parisienne est remarquablement silencieuse. Poubelles, véhicules et commerces incendiés, portes de lycées en feu, enseignants agressés, forces de l’ordre caillassées.


Pourquoi un tel mutisme ? Pourquoi aucun appel au calme, aucun appel aux parents à prendre leurs responsabilités ? Ce silence traduit au mieux une gêne à condamner un mouvement lycéen dont la dimension politique est manifeste. Au pire, un cautionnement.


Bien à vous,


Aurélien Véron

Conseiller de Paris, élu à paris Centre


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