Madame, Monsieur,
Le premier Conseil de Paris s’est tenu hier à l’Hôtel de Ville. Emmanuel Grégoire a été élu maire avec 103 voix sur 163. Derrière une image soigneusement travaillée de social-démocrate, le ton du discours, lui, était nettement plus engagé. La composition de son exécutif l’est plus encore. 36 adjoints. Une véritable armée mexicaine. Beaucoup de monde autour de la table… mais des priorités qui interrogent. D’abord, un angle mort majeur : la sécurité. Aucun adjoint dédié à 100 %. Le sujet est relégué à une première adjointe déjà surchargée par la coordination de cet attelage gigantesque en plus des grands projets. Autrement dit, la sécurité en variable d’ajustement. À côté de cela, les intitulés prolifèrent : protection des réfugiés, défense des locataires contre les propriétaires, solidarités démultipliées, lutte contre le travail précaire, Outre-mer… Une inflation de postes très orientés, mais l’essentiel, la tranquillité publique et la sécurité, traité en accessoire. Inutile d'espérer son armement, encore moins le doublement des caméras de vidéoprotection.
Même logique côté culture : on parle désormais de “médias libres”, dans une confusion assumée entre création, communication et militantisme. Mais aucun adjoint dédié au patrimoine. Comme si Paris pouvait se passer de ce qui fait précisément son âme. La culture couvre dorénavant les "médias libres" dans un esprit de propagande et de censure évident. En revanche, aucun adjoint à l'entretien du patrimoine. Karen Taïeb va nous manquer. Paris A clairement emprunté une voie radicale où la culture devient un outil d'éducation populaire et non de préservation de la richesse patrimoniale de Paris. Le choix de l'adjointe en charge de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (entre autres), également soutien du milicien LFI Raphaël Arnault, laisse songeur. Annah Bikouloulou n'a jamais eu aucun mot sur le 7 octobre, pas plus que sur les otages. Elle a en revanche régulièrement dénoncé le "nettoyage ethnique" à Gaza, glorifié le terroriste Georges Ibrahim Abdallah et signé toutes les tribunes dénonçant Israël, remettant en cause son droit à l'existence. Elle vient rejoindre les rangs de nombreux adjoints isssus ou très proches de LFI comme Laurent Sorel, chargé de l'Outre-Mer, et on ne parle pas ici de l'Ile Saint-Louis et de l'Ile de la Cité.... Cette nomination s’inscrit dans une ligne idéologique assumée : une majorité de plus en plus radicalisée, plus prompte à désigner des adversaires qu’à rassembler. Un exécutif très marqué, où la défiance envers les propriétaires et les bourgeois (devrais-je ajouter les familles maltraitées ?) devient un marqueur politique. Et sur des sujets aussi essentiels que l’antisémitisme, des silences et des ambiguïtés qui interrogent... sans que cela ne trouble grand monde à gauche. | |
Sur les finances, la réalité finit toujours par rattraper les discours. Pour la première fois de son histoire, la Ville de Paris emprunte à plus de 4 %. Le “quoi qu’il en coûte” municipal a désormais un prix. La dette municipale visible frise les 9,6 milliards d’euros, dont près de 8,8 milliards d’obligations. C'est sans compter les_ nombreux autres milliards dissimulés dans les bilans des bailleurs sociaux de la ville. Paris vit désormais sous perfusion des marchés.
Résultat : la charge d’intérêts a dépassé 220 millions d’euros en 2025, en forte hausse. Et le service total de la dette atteint 535 millions d’euros, plus de la moitié des 995 millions empruntés cette même année. Autrement dit : on emprunte pour rembourser la dette. Et ce n’est qu’un début. La dette actuelle ne s’éteindra qu’à l’horizon 2070. D’ici là, les intérêts couleront à flots pour les investisseurs. Qui paiera à votre avis ? Toujours les mêmes. Les contribuables parisiens, et en première ligne les propriétaires : plus de 2,2 milliards d’euros de taxe foncière, auxquels s’ajoutent 1,6 milliard de droits de mutation lors des bonnes années.
Une gestion à crédit, au sens propre comme au figuré : on achète du présent en hypothéquant l’avenir… et en alourdissant chaque année la facture des Parisiens.
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