Madame,
Monsieur,
Au fil de mes rencontres avec les habitants, un constat revient comme un refrain : la mairie de Paris Centre est introuvable. Disparue. En congé permanent sur les dossiers sensibles.
Exemple. Sur le papier, la future résidence d’artistes numériques de la Fondation Emerige, au 48 rue de Sévigné, avait tout pour plaire. Création contemporaine, mécénat privé, rayonnement culturel. Très bien. Dans la réalité, les cinq copropriétés voisines découvrent (seules) qu’un projet de restauration de 200 couverts est prévu. En partie dans leur cour intérieure, transformée en caisse de résonance naturelle. Ajoutez à cela des événements nocturnes et vous obtenez une promesse simple : adieu tranquillité, bonjour nuisances permanentes.
Les riverains écrivent à la mairie : silence radio. La délibération votée ? Floue. Aucune précision concrète sur l’exploitation. Un chèque en blanc. J’ai donc contacté directement la direction d’Emerige, que je connais, pour organiser une rencontre avec le référent du projet. Les représentants de la mairie, eux, ne se sont même pas déplacés pour écouter les habitants. Pas un élu. Pas un cadre. Rien.
C’est pourtant simple. Une cour intérieure doit devenir silencieuse dès le milieu de soirée. La restauration doit rester accessoire, pas devenir le vrai modèle économique. Un dispositif anti-bruit extérieur doit être étudié pour l’activité diurne. Et les outils répressifs existent si le concessionnaire dérape. Mais encore faut-il fixer les règles au départ.
Gouverner, ce n’est pas couper un ruban. C’est anticiper.
Autre scène, autre décor : 14 rue de Bretagne : un ancien parking transformé en môle commercial de six étages, surmonté d’un rooftop de restauration. Dans un quartier résidentiel calme. Les habitants l’apprennent comment ? En lisant le panneau de permis de construire placardé sur la façade.
Pas de réunion publique. Pas de concertation. Pas même une tentative d’explication.
On autorise d’abord. On découvrira les nuisances ensuite. Méthode éprouvée.
Les riverains ont lancé une pétition que je vous invite à signer : lien vers la pétition
Le problème, c’est l’abandon. Je suis favorable aux résidences d’artistes. Favorable à la vitalité commerciale. Favorable aux projets ambitieux. Mais une mairie digne de ce nom est en première ligne. Elle cadre, elle arbitre, elle protège l’équilibre entre animation et tranquillité.
Aujourd’hui, on délivre des permis comme des tickets de caisse, puis on disparaît quand les ennuis commencent. C’est exactement l’inverse de ma méthode depuis six ans : être sur le terrain, en amont, aux côtés des habitants et des commerçants. Fixer des règles claires.
Protéger la qualité de vie. Éviter que chaque projet ne devienne un conflit.
Une mairie proactive, ce n’est pas spectaculaire. Mais c’est indispensable.
Et à Paris Centre, il est temps de la réinstaller.
Venez échanger librement jeudi soir sur vos attentes d'une mairie de terrain au Journey :